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« Je suis pour Macron ? Ah bon ! » : expliquer une mesure ne signifie pas soutenir un gouvernement

Il suffit parfois d’un commentaire pour comprendre à quel point le débat est devenu difficile sur les réseaux sociaux. Non pas parce que les citoyens ne s’intéressent plus à la politique ou aux décisions publiques, mais parce que nous semblons avoir perdu l’habitude de réfléchir sujet par sujet.

Aujourd’hui, si vous reconnaissez qu’une mesure peut avoir une utilité, certains en concluent immédiatement que vous soutenez le gouvernement qui la propose. Si vous critiquez une autre décision de ce même gouvernement, d’autres vous classent automatiquement parmi ses opposants. Comme si nous devions obligatoirement choisir un camp, adopter toutes ses idées et rejeter systématiquement tout ce qui vient du camp d’en face.

C’est précisément ce qui a provoqué cette vidéo.

À la suite de plusieurs publications dans lesquelles je tentais d’expliquer le contrôle de l’âge sur les réseaux sociaux, l’identité numérique, l’euro numérique et les risques liés à certaines nouvelles technologies, une personne m’a accusée d’être favorable à « la Macronie ». Elle m’a également attribué des positions que je n’avais jamais exprimées sur l’aide à mourir, la surveillance des citoyens, les caméras dans les voitures, la facturation électronique, le passeport numérique des produits, les affaires Epstein et Bétharram ou encore les dispositifs européens de contrôle des contenus.

J’ai donc choisi de répondre point par point.

Non pas uniquement pour répondre à cette personne, mais parce que son commentaire réunissait presque toutes les confusions que je vois circuler quotidiennement sur les réseaux sociaux.

Je n’appartiens à aucun parti politique

Depuis plus de seize ans que je m’exprime publiquement sur Internet, je n’ai jamais caché mes opinions. J’ai critiqué de nombreuses décisions politiques, dénoncé certaines lois absurdes, parlé des incohérences administratives et expliqué à plusieurs reprises que je ne me reconnaissais dans aucun parti.

Le parti politique dont je pourrais véritablement me sentir proche n’existe pas aujourd’hui.

Ce serait un mouvement qui placerait réellement l’être humain, la nature, les libertés individuelles, la responsabilité et le bon sens au centre de ses décisions. Un mouvement qui comprendrait que l’être humain fait partie de la nature et qu’il ne lui est pas supérieur. Un mouvement qui ne nous obligerait pas constamment à choisir entre l’économie, l’écologie, la dignité humaine et la liberté.

Je ne retrouve pleinement cette vision dans aucun parti politique actuel.

Je pose donc une question très simple à ceux qui souhaitent malgré tout me coller une étiquette : où se trouve la vidéo dans laquelle je déclare voter pour Emmanuel Macron ? Où se trouve la publication dans laquelle je demande à mes abonnés de soutenir Emmanuel Macron ? Où est le message dans lequel je prétends que toutes les lois adoptées sous ses gouvernements sont bonnes ?

Ces publications n’existent pas.

Être favorable à une mesure particulière ne signifie pas approuver l’ensemble de la politique d’un gouvernement. Je peux considérer qu’une décision est utile et en critiquer dix autres. Cela ne s’appelle pas être macroniste. Cela s’appelle conserver sa liberté de réflexion.

Comme je l’ai rappelé dans la vidéo : « Être favorable à une mesure ne signifie pas soutenir l’intégralité de la politique d’un gouvernement. De même, contester une mesure ne signifie pas appartenir automatiquement à l’opposition. »

Tout n’est pas noir ou blanc

Oui, certaines lois compliquent inutilement la vie des citoyens. Oui, certaines décisions semblent déconnectées de la réalité du terrain. Oui, il existe des textes mal préparés, des dispositifs coûteux et des règles dont l’utilité peut être contestée.

Je le dis depuis des années.

Cependant, je refuse de prétendre qu’une mesure est forcément mauvaise simplement parce qu’elle est proposée par un gouvernement que je ne soutiens pas. Une décision doit être étudiée pour ce qu’elle contient réellement, pas uniquement pour l’identité de celui qui la présente.

C’est ici que se trouve une grande partie du problème actuel. Beaucoup de personnes ne lisent plus les textes. Elles lisent un titre, regardent une vidéo de quelques secondes ou découvrent l’interprétation d’un internaute. Cette interprétation est ensuite partagée comme s’il s’agissait du contenu officiel de la loi.

Une peur peut être légitime. Une inquiétude peut mériter un débat. Mais une inquiétude ne devient pas automatiquement une preuve.

Les affaires graves ne doivent pas devenir des arguments jetés au hasard

Dans le commentaire auquel je répondais, plusieurs affaires extrêmement graves ont été citées, notamment l’affaire Epstein, l’affaire Bétharram et les placements abusifs relevant de l’Aide sociale à l’enfance.

Ces sujets méritent mieux que des phrases lancées au milieu d’une accusation politique.

Il existe encore de nombreuses interrogations autour de l’affaire Epstein. Toutes les responsabilités n’ont probablement pas été établies et la publication de documents ne signifie pas que toute la vérité est connue. On peut réclamer davantage de transparence sans affirmer qu’aucune enquête ou qu’aucun travail officiel n’existe.

Il en va de même pour Bétharram. Le fait que des commissions, des auditions ou des investigations aient finalement été organisées n’efface ni les années de silence ni la souffrance des victimes. On peut considérer que les institutions ont agi beaucoup trop tard. On peut exiger que toutes les responsabilités soient recherchées. Mais il est inexact de prétendre qu’aucun travail public n’a été engagé.

Concernant les placements abusifs, l’accusation m’a particulièrement atteinte. J’ai moi-même été une enfant placée. J’ai également reçu sur ma chaîne Maître Michel Amas afin qu’il puisse parler des dysfonctionnements de l’Aide sociale à l’enfance et donner une tribune aux familles concernées.

On peut ne pas connaître mon histoire. En revanche, on ne peut pas m’accuser de défendre les placements abusifs sans avoir vérifié ce que j’ai déjà dit et fait sur ce sujet.

Le fait qu’une institution ait parfois échoué à protéger des enfants ne signifie pas qu’il faille renoncer à toute autre mesure de protection. Ce raisonnement reviendrait à dire que, puisqu’un système a déjà été défaillant, aucune nouvelle tentative ne devrait être envisagée.

Protection des mineurs et surveillance générale : ce n’est pas la même chose

La protection des mineurs sur Internet est devenue l’un des sujets les plus sensibles de notre époque.

Depuis des années, des parents demandent aux pouvoirs publics et aux plateformes d’intervenir contre le cyberharcèlement, la diffusion d’images intimes, les prédateurs sexuels, l’accès trop facile aux contenus pornographiques et les drames pouvant conduire certains adolescents au suicide.

Lorsqu’un drame se produit, beaucoup reprochent à l’État et aux réseaux sociaux de ne pas avoir agi. Mais lorsqu’un contrôle de l’âge est envisagé, les mêmes institutions sont immédiatement accusées de vouloir surveiller l’ensemble de la population.

La crainte d’une dérive est légitime. Toute technologie de vérification doit être encadrée. Nous devons savoir quelles données sont demandées, qui les conserve, combien de temps elles sont gardées et si elles peuvent être utilisées à d’autres fins.

Cependant, il faut aussi répondre à une question concrète : comment vérifier qu’un utilisateur a l’âge requis sans mettre en place un dispositif de vérification ?

S’opposer à la conservation généralisée des pièces d’identité est compréhensible. Mais il faut alors proposer une autre solution technique capable de vérifier l’âge sans exposer les données personnelles.

Être favorable à la protection des mineurs ne signifie pas donner un blanc-seing à l’État ou aux plateformes. Cela signifie reconnaître qu’un problème existe et rechercher une solution proportionnée.

« Chat Control » : un sujet qui exige de la vigilance et de la précision

Le projet européen couramment surnommé « Chat Control » soulève de véritables inquiétudes concernant la confidentialité des communications et la lutte contre les contenus pédocriminels.

Ce sujet mérite un débat sérieux. Il faut distinguer une enquête ciblée, menée dans un cadre juridique contre une personne soupçonnée d’une infraction grave, d’une surveillance automatique et permanente de tous les citoyens.

Je peux comprendre la première dans certaines circonstances. Je n’ai jamais déclaré être favorable à la seconde.

Vivre avec les nouvelles technologies ne signifie pas accepter toutes leurs utilisations. J’utilise moi-même l’intelligence artificielle pour reformuler mes textes, notamment parce que ma dyslexie a longtemps donné lieu à des critiques sur mon orthographe, ma grammaire et ma manière de construire mes phrases.

Ce sont mes idées, mes souvenirs et mes positions. L’intelligence artificielle m’aide à les rendre plus lisibles.

Utiliser un outil ne signifie pas considérer cet outil comme inoffensif dans toutes les situations. Comme je le dis régulièrement, ce n’est pas uniquement la technologie qui doit nous inquiéter, mais la manière dont elle peut être utilisée par les êtres humains.

La facturation électronique : peut-on y voir une utilité sans vouloir surveiller les citoyens ?

J’ai expliqué que la facturation électronique pouvait, dans mon activité professionnelle, simplifier une partie de ma gestion. J’ai également dit qu’elle pouvait contribuer à limiter certaines fraudes.

Cette opinion ne signifie pas que je souhaite la surveillance de toutes les transactions personnelles.

La réforme prévoit qu’à partir du 1er septembre 2026 toutes les entreprises concernées devront être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire devront également les émettre à cette date. L’obligation d’émission s’appliquera aux petites entreprises et aux micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.

On peut discuter du coût des plateformes, de la complexité du dispositif, de la transmission de certaines données à l’administration et de la charge supplémentaire que cela représente pour les petites structures.

Mais une personne a également le droit de penser que l’outil peut faciliter son organisation professionnelle.

Approuver un outil administratif ne signifie pas approuver la disparition de toute confidentialité financière.

L’aide à mourir : une opinion profondément liée à mon histoire

La question de l’aide à mourir est différente des autres sujets abordés dans la vidéo, car elle touche directement à mon histoire personnelle.

Depuis plusieurs mois, certaines personnes me demandaient de réaliser un tirage de cartes sur cette question. J’ai toujours refusé. Ce sujet est trop intime et trop lié à ce que j’ai vécu pour que je puisse prétendre être totalement objective dans une voyance.

J’ai vu mon oncle souffrir quotidiennement d’une maladie grave pour laquelle il n’existait plus de guérison. Ne trouvant plus de soulagement, il a fini par mettre fin à ses jours.

J’ai également vu ma mère traverser une immense souffrance psychologique. Personne ne pouvait vivre exactement ce qu’elle vivait dans sa tête et dans son esprit. Elle s’est elle aussi suicidée.

Ces événements ont forcément influencé mon regard.

Je pense que, dans des circonstances strictement encadrées, lorsqu’une personne fait face à des souffrances graves et sans perspective raisonnable d’amélioration, une aide à mourir peut représenter un dernier recours.

Cela ne signifie pas obliger quelqu’un à mourir. Cela ne signifie pas supprimer les soins palliatifs. Cela ne signifie pas décider à la place du patient. Cela signifie permettre un choix à certaines personnes, dans un cadre médical et juridique rigoureux, plutôt que de les laisser mourir seules ou se suicider dans des conditions violentes.

Je comprends parfaitement que d’autres personnes, y compris celles ayant vécu des expériences similaires, parviennent à une conclusion opposée. Ce débat touche à la dignité, à la médecine, à l’éthique et aux convictions les plus personnelles.

Mon opinion m’appartient. Elle ne constitue ni une campagne politique ni un soutien aveugle à un gouvernement. Dans le live, j’explique d’ailleurs pourquoi mon histoire personnelle m’empêche de présenter une voyance prétendument neutre sur cette question.

Les caméras dans les voitures : de quelle caméra parle-t-on ?

Affirmer que l’on est favorable ou opposé aux « caméras dans les voitures » ne veut rien dire si l’on ne précise pas le dispositif concerné.

Parle-t-on d’une caméra installée volontairement par un conducteur pour filmer la route ? D’une caméra d’aide au stationnement ? D’un système destiné à détecter la distraction ou la fatigue du conducteur ? Ou d’un dispositif enregistrant en permanence les occupants et transmettant automatiquement les images à une autorité ?

Ce ne sont pas les mêmes usages et ils ne présentent pas les mêmes risques.

Une caméra filmant la route peut permettre d’établir les responsabilités après un accident, un délit de fuite ou une fraude. En revanche, l’enregistrement permanent des occupants, la conservation abusive des images ou leur transmission automatique à des tiers poseraient des questions beaucoup plus sérieuses.

Avant d’accuser une personne d’être favorable à une surveillance généralisée, il faut donc commencer par préciser de quel système on parle.

L’euro numérique ne signifie pas automatiquement la disparition de l’argent liquide

L’euro numérique fait naître de nombreuses inquiétudes : traçabilité des paiements, confidentialité, accès hors connexion, dépendance technologique et risque qu’une monnaie devienne un jour programmable ou contrôlable.

Ces interrogations sont nécessaires.

Cependant, au 26 juillet 2026, le projet est encore engagé dans un processus législatif et de préparation. La Banque centrale européenne le présente comme une forme numérique de monnaie de banque centrale destinée à compléter les billets et les pièces, pas à les remplacer. Le Parlement européen a autorisé en juillet 2026 l’ouverture des négociations sur le projet, ce qui montre également qu’il ne s’agit pas encore d’un dispositif définitivement mis en circulation.

Je serai la première à m’opposer à une disparition forcée de l’argent liquide.

Pendant des années, dans mes commerces, j’ai même accordé une réduction aux personnes qui payaient en espèces. Il serait donc particulièrement étrange de me présenter aujourd’hui comme une militante de la disparition des billets et des pièces.

Nous devons surveiller l’évolution du projet, lire les textes et exiger de véritables garanties. Mais nous ne devons pas non plus présenter comme déjà décidé ce qui se trouve encore en discussion.

Expliquer un projet politique ne signifie pas l’approuver

La même confusion s’est produite avec le projet annoncé pour lutter contre les faux contenus diffusés pendant les périodes électorales.

Un texte visant officiellement les contenus manipulés, les fausses informations créées par intelligence artificielle ou les opérations d’ingérence peut comporter des risques. Il faut savoir qui décidera qu’un contenu est faux, quelles voies de recours seront possibles et comment seront protégés la satire, l’opinion, l’erreur de bonne foi, le travail journalistique et la critique politique.

Ces questions doivent être posées.

Mais expliquer l’objet annoncé d’un projet ne signifie pas le soutenir. Et dire directement que ce projet a pour seul objectif de « museler toute l’opposition politique » constitue une interprétation, pas la citation du texte officiel.

Il faut toujours distinguer ce que prévoit un projet, les risques que nous y voyons et ce que nous craignons qu’il devienne.

Le passeport numérique des produits ne recense pas actuellement tous les objets possédés par chaque citoyen

Le passeport numérique des produits existe bien dans le cadre européen. Il doit progressivement rassembler des informations sur certains produits, notamment leur composition, leur origine, leur réparabilité, leur recyclage et leur conformité.

Le registre européen du passeport numérique des produits est devenu opérationnel le 20 juillet 2026. Il sert à enregistrer des identifiants uniques et certaines métadonnées liées aux passeports. Les obligations concrètes seront progressivement définies selon les catégories de produits.

Cela ne signifie pas qu’un fichier personnel recense aujourd’hui automatiquement chaque petite cuillère, chaque paire de ciseaux ou chaque stylo possédé par un citoyen.

Là encore, la vigilance reste indispensable. Il faudra surveiller les données enregistrées, les personnes autorisées à y accéder et les évolutions futures du dispositif.

Mais nous ne devons pas transformer une crainte concernant son évolution possible en description mensongère de son fonctionnement actuel.

La liberté d’expression n’est pas un droit illimité à l’agression

Dans son commentaire, la personne affirmait que j’allais probablement supprimer son message ou « gueuler » dans une prochaine vidéo.

Je ne prétends pas être toujours douce lorsque je me défends. Je suis une personne réelle. Derrière chaque écran se trouve un être humain, avec une histoire, des blessures et des limites.

Si quelqu’un vous attribuait publiquement des opinions que vous n’avez jamais exprimées, vous accusait d’être complice de faits graves et vous traitait indirectement d’idiot, répondriez-vous nécessairement avec le sourire ?

Je bloque certaines personnes, oui. Mais je ne bloque pas automatiquement quelqu’un parce qu’il pense différemment. Je bloque lorsqu’une personne vient provoquer, insulter, diffamer, harceler ou empêcher continuellement tout échange.

Ma chaîne est un espace public, mais cela ne signifie pas que chacun possède un droit illimité de venir m’y agresser.

L’anonymat peut protéger des victimes, des lanceurs d’alerte ou des opposants vivant sous des régimes dangereux. Il ne doit pas devenir un permis d’humilier ou de menacer les autres. Comme je l’explique dans la vidéo, « la liberté d’expression ne signifie pas que je suis obligée d’héberger indéfiniment chaque attaque sur mon propre espace ».

Notre responsabilité ne s’arrête pas à celle des gouvernements

La seconde partie du live a progressivement ouvert une réflexion plus large sur notre environnement, notre consommation et notre propre responsabilité.

Il est facile d’accuser uniquement les gouvernements, les grandes entreprises, les centres de données ou l’Union européenne. Ces acteurs portent évidemment une responsabilité immense, bien supérieure à celle d’un citoyen pris individuellement.

Mais nos habitudes de consommation participent également au système que nous dénonçons.

Nous achetons des bouteilles en plastique, des boissons industrielles, des objets que nous remplaçons rapidement et des produits dont la fabrication nécessite de grandes quantités d’eau et d’énergie. Ensuite, nous nous étonnons de la pression exercée sur les ressources naturelles.

Notre responsabilité se situe à une petite échelle. Celle des gouvernements et des grandes entreprises se situe à une échelle beaucoup plus importante. Mais nous faisons tous partie du même ensemble.

Dire cela ne revient pas à dédouaner les décideurs. Cela revient à reconnaître que nous ne pouvons pas continuellement réclamer un changement général tout en refusant de regarder nos propres comportements.

Les incendies, l’anticipation et la facilité de juger après la catastrophe

Les incendies ont ensuite occupé une grande partie de la discussion.

À chaque catastrophe, une phrase revient : « Ils auraient dû anticiper. »

Mais anticiper quoi, exactement ? À quelle date ? Avec quelles informations disponibles ? Avec quels moyens humains et matériels ? Et au détriment de quelle autre région confrontée au même moment à un autre incendie ?

Cela ne signifie pas que tout a été correctement préparé. La vétusté de certains appareils, le manque de moyens, les retards de commande et les réductions budgétaires doivent être questionnés.

Cependant, il existe une différence entre critiquer une politique de prévention menée depuis plusieurs années et reprocher à une personne de ne pas avoir agi avant même le déclenchement d’un événement précis.

La haine d’une personnalité politique peut parfois supprimer toute capacité de discernement. Lorsqu’elle agit tard, on lui reproche son retard. Lorsqu’elle agit rapidement, on affirme que ce n’est jamais assez rapide. Toute décision devient mauvaise uniquement parce qu’elle porte son nom.

Dans le live, mon objectif n’était pas de défendre Emmanuel Macron. Il était de montrer qu’une critique ne devient pas juste simplement parce qu’elle vise une personne impopulaire.

Les Canadair ne peuvent pas apparaître du jour au lendemain

La question des Canadair illustre également la complexité de l’anticipation.

Commander un avion bombardier d’eau ne signifie pas le recevoir quelques semaines plus tard. Il existe des délais de production, de certification, d’essai et de livraison. Il existe également peu de constructeurs capables de fabriquer ce type d’appareil, et plusieurs pays européens cherchent simultanément à renouveler leurs flottes.

Cela n’excuse pas les décisions budgétaires prises dans le passé. Si des commandes ont été retardées ou abandonnées alors que le vieillissement de la flotte était connu, les responsables doivent l’assumer.

Mais même une commande décidée aujourd’hui ne permettrait pas nécessairement de disposer immédiatement d’un appareil supplémentaire pour lutter contre un incendie en cours.

Nous devons donc débattre de la politique à long terme, des moyens attribués à la sécurité civile, de la prévention, de l’entretien des forêts et de la coopération européenne, plutôt que de laisser croire qu’un président pourrait simplement acheter plusieurs Canadair dans l’après-midi et les faire décoller le lendemain.

Écouter les paysans et les personnes qui connaissent réellement le terrain

Cette réflexion nous ramène à un sujet que je défends depuis longtemps : la nécessité d’écouter les agriculteurs et les professionnels du terrain.

Je viens moi-même d’une famille dans laquelle il y avait de véritables paysans. Je sais que certaines pratiques anciennes permettaient d’entretenir les paysages, de limiter les herbes sèches et de créer des zones freinant la propagation du feu.

Le pâturage, l’entretien des sous-bois, les coupures de combustible et certains brûlages réalisés dans un cadre strict peuvent participer à une politique de prévention. Cela ne signifie pas que toutes les pratiques anciennes doivent être reproduites sans contrôle. Cela signifie que les connaissances acquises sur le terrain ne doivent pas être méprisées uniquement parce qu’elles ne viennent pas d’un bureau administratif.

Aujourd’hui, de nombreuses décisions passent par des procédures longues et complexes. Des professionnels peuvent parfois se retrouver empêchés d’agir alors qu’ils connaissent parfaitement leur territoire.

C’est à ce moment de la discussion qu’une abonnée m’a demandé si les mégafeux finiraient par obliger les gouvernements à écouter davantage les paysans.

J’ai donc posé les cartes.

Ce que les cartes montrent sur les mégafeux et l’avenir des paysans

Le tirage a commencé par des cartes évoquant un comportement destructeur et un blocage créatif. Dans mon interprétation, ces premières cartes indiquent que le gouvernement actuel ne modifiera probablement pas profondément sa manière de fonctionner.

La carte de l’Empereur est ensuite apparue au centre du jeu. Elle représente pour moi une personne disposant d’une autorité importante, sans nécessairement être président de la République. Il pourrait s’agir d’un futur Premier ministre, d’un ministre ou d’une personnalité occupant une fonction majeure.

Cette personne pourrait remettre en valeur certaines pratiques héritées du passé, non pas en revenant à une agriculture ou à une gestion forestière ancienne dans leur forme d’origine, mais en les adaptant aux connaissances et aux moyens modernes.

Les cartes de résolution, du Jugement, de la Générosité, du Bateleur, de l’Impératrice et de la Roue de la Fortune montrent ensuite une évolution favorable. Elles parlent d’un changement d’avis, d’une prise de conscience et de décisions qui pourraient s’inscrire durablement dans les textes.

Pendant le direct, j’ai dit ressentir qu’une protection concernant les végétaux, les forêts ou les espaces naturels pourrait un jour être inscrite dans la Constitution. J’ai cependant employé une formulation juridiquement incorrecte en disant que la Constitution ne pouvait pas être modifiée et pouvait seulement être « rallongée ».

La Constitution française peut être modifiée. Cela s’appelle une révision constitutionnelle. En revanche, un principe inscrit dans la Constitution bénéficie d’une protection beaucoup plus forte qu’une loi ordinaire et ne peut pas être modifié par une simple majorité parlementaire.

La formulation exacte de ma voyance serait donc la suivante : je ressens qu’à l’avenir certaines protections liées aux forêts, au patrimoine végétal ou aux ressources naturelles pourraient obtenir une valeur constitutionnelle ou une protection juridique particulièrement élevée.

Cette affirmation appartient bien entendu au domaine de ma voyance. Elle ne constitue pas l’annonce d’un projet actuellement prévu par le gouvernement.

Des professionnels du terrain au cœur des futurs gouvernements

Une autre vision revient dans mes tirages depuis 2019.

Je vois progressivement apparaître une politique dans laquelle des personnes exerçant réellement un métier pourront participer directement aux décisions concernant ce métier.

Un médecin pourrait intervenir dans les politiques de santé parce qu’il connaît l’hôpital et les patients. Un agriculteur pourrait contribuer aux décisions agricoles parce qu’il connaît la terre et les réalités économiques de son exploitation. Un professeur pourrait travailler sur l’Éducation nationale parce qu’il connaît les élèves et les difficultés d’une classe. Une professionnelle de la petite enfance pourrait participer aux politiques familiales parce qu’elle connaît les enfants et les parents.

Il ne s’agirait plus uniquement de responsables ayant étudié les dossiers depuis des bureaux, mais de citoyens et de professionnels capables d’apporter la parole du terrain.

Ce changement ne se ferait pas brutalement. Les cartes évoquent une transformation progressive, faite de regroupements, de nouvelles alliances et de personnes issues de différents métiers.

Comme je l’ai dit dans le live : « La politique d’aujourd’hui n’est pas la politique de demain. Le changement va se faire petit à petit. »

Expliquer, vérifier, puis se faire sa propre opinion

Le véritable sujet de cette vidéo n’était finalement ni Emmanuel Macron, ni l’euro numérique, ni le contrôle de l’âge, ni même les incendies.

Le véritable sujet était notre manière de débattre.

Nous pouvons être inquiets sans transformer chaque inquiétude en certitude. Nous pouvons critiquer un gouvernement sans affirmer que chacune de ses décisions est nécessairement mauvaise. Nous pouvons reconnaître l’utilité d’une mesure sans devenir les militants du parti qui la propose.

Nous pouvons aussi écouter une voyance sans la confondre avec une information officielle.

Il faut distinguer les faits, les projets, les opinions, les craintes et les ressentis. Il faut revenir aux textes, vérifier les dates, lire les sources et reconnaître qu’une autre personne peut connaître les mêmes informations que nous tout en arrivant à une conclusion différente.

Votre certitude n’est pas une preuve. Votre colère non plus.

Vous avez le droit de ne pas partager mes opinions. Vous avez le droit de contester mes analyses et mes voyances. Mais lorsque vous affirmez que j’ai tenu certains propos, montrez la vidéo ou la publication concernée.

Dans le cas contraire, vous ne combattez pas mes véritables idées. Vous combattez simplement le personnage que vous avez inventé à ma place.

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