Lorsque l'on débute avec les cartes du tarot, les oracles ou même lorsque l'on consulte régulièrement un praticien, une idée revient souvent : si les cartes donnent une réponse confuse, c'est forcément parce que le jeu est mauvais ou parce que le tirage ne fonctionne pas.
Avec les années, j'ai pourtant constaté quelque chose de très différent.
La plupart du temps, les difficultés ne viennent pas des cartes elles-mêmes. Elles viennent de la manière dont nous abordons le tirage.
C'est un sujet dont on parle finalement assez peu. Pourtant, il explique pourquoi certaines personnes ont l'impression que leurs cartes se contredisent, pourquoi elles refont plusieurs fois le même tirage ou pourquoi elles repartent parfois plus perdues qu'avant.
Avant même de mélanger un jeu de tarot ou un oracle, il existe déjà tout un état d'esprit qui influence notre manière de recevoir les réponses.
Et c'est souvent là que les premières erreurs apparaissent.
L'une des plus fréquentes consiste à vouloir obtenir une réponse précise à tout prix.
Lorsqu'une personne traverse une période difficile, elle cherche naturellement à être rassurée. Elle aimerait savoir ce qui va se passer, quand cela va arriver et comment la situation va évoluer. Cette attente est parfaitement humaine. Le problème est qu'elle peut parfois devenir si forte qu'elle empêche d'entendre autre chose que ce que l'on espère déjà.
J'ai souvent observé des personnes poser une question alors qu'au fond elles avaient déjà une réponse en tête. Elles ne cherchaient pas réellement à comprendre la situation. Elles cherchaient surtout une confirmation.
Dans ce contexte, il devient très difficile d'interpréter les cartes avec recul.
Le regard se focalise naturellement sur les symboles qui vont dans le sens de l'espoir ou de la peur déjà présents.
Comme nous l'expliquons également dans « Les signes… et ceux que tu inventes : quand le mental prend le dessus », le cerveau humain a tendance à sélectionner les informations qui confirment ce qu'il croit déjà.
Le même phénomène peut apparaître lors d'un tirage.
Une autre erreur très fréquente consiste à tirer les cartes lorsque l'émotion est à son maximum.
Après une dispute, une séparation, un message qui n'arrive pas ou une situation particulièrement stressante, beaucoup de personnes se précipitent sur leur jeu de cartes.
Elles veulent comprendre immédiatement.
Elles veulent une réponse tout de suite.
Pourtant, lorsque les émotions sont très fortes, elles deviennent parfois plus bruyantes que les cartes elles-mêmes.
Dans ces moments-là, la peur, le manque, la colère ou l'impatience prennent tellement de place qu'il devient difficile d'observer la situation avec lucidité.
Cela ne signifie pas qu'il est interdit de faire un tirage lorsque l'on traverse une période difficile. Mais il est souvent utile de prendre quelques heures ou quelques jours de recul lorsque cela est possible.
Le simple fait de retrouver un peu de calme change parfois complètement la manière dont les cartes sont perçues.
Il existe également une erreur que je rencontre très souvent chez les personnes qui découvrent le tarot : poser la même question encore et encore.
Imaginons qu'une personne réalise un tirage concernant une relation amoureuse.
La réponse ne lui plaît pas ou ne lui semble pas suffisamment claire.
Elle recommence alors le lendemain.
Puis le surlendemain.
Puis quelques heures plus tard.
Petit à petit, les cartes finissent par se mélanger à ses propres émotions et les réponses deviennent de plus en plus difficiles à interpréter.
Les cartes ne sont pas conçues pour rassurer en permanence.
Elles servent avant tout à éclairer une situation à un instant donné.
Refaire sans cesse le même tirage ne permet généralement pas d'obtenir davantage de clarté. Cela crée souvent l'effet inverse.
Cette recherche permanente de confirmation rejoint d'ailleurs un sujet que j'aborde dans « Pourquoi certaines personnes deviennent dépendantes à la voyance ? ».
Lorsqu'une personne cherche continuellement à être rassurée, elle risque progressivement de perdre confiance dans son propre discernement.
Une autre difficulté apparaît lorsque les cartes deviennent le seul outil de décision.
Au fil des années, j'ai parfois rencontré des personnes qui n'osaient plus faire un choix sans consulter leur tarot.
Elles demandaient aux cartes ce qu'elles devaient faire dans presque toutes les situations importantes.
Faut-il accepter ce travail ?
Faut-il répondre à ce message ?
Faut-il poursuivre cette relation ?
Pourtant, les cartes ne sont pas là pour vivre à notre place.
Comme nous le rappelons également dans « Le libre arbitre peut-il changer une prédiction ? », elles montrent des tendances, des dynamiques ou des pistes de réflexion. Elles ne remplacent jamais la responsabilité personnelle.
Une consultation ou un tirage devrait permettre de mieux comprendre une situation.
Pas d'abandonner sa capacité à choisir.
Il existe aussi une idée reçue très répandue : celle selon laquelle les cartes devraient répondre exactement à la question posée.
Dans la réalité, il arrive fréquemment qu'un tirage attire l'attention sur un aspect auquel la personne n'avait pas pensé.
C'est souvent déstabilisant.
Pourtant, c'est parfois là que se trouve la véritable richesse du tarot.
Les cartes ne répondent pas toujours à la question que nous formulons.
Elles mettent parfois en lumière celle que nous devrions nous poser.
Cette nuance change énormément de choses dans la manière d'aborder un tirage.
Avec les années, j'ai également remarqué que certaines personnes cherchent à tout interpréter immédiatement.
Chaque symbole devient un message.
Chaque détail semble avoir une signification cachée.
Cette tendance est compréhensible, surtout lorsque l'on s'intéresse à la symbolique divinatoire. Mais elle peut aussi devenir un piège.
Comme dans de nombreux domaines liés à la spiritualité, le discernement reste essentiel.
Toutes les cartes ne cachent pas nécessairement un message extraordinaire.
Parfois, elles décrivent simplement une situation telle qu'elle est.
Dans un monde où les contenus spirituels se multiplient sur les réseaux sociaux, il est devenu facile de croire que chaque tirage contient une révélation spectaculaire.
La réalité est souvent beaucoup plus simple.
Un bon tirage n'est pas forcément celui qui impressionne.
C'est celui qui aide à mieux comprendre.
Au fond, les erreurs commises avant un tirage de cartes ne viennent généralement pas d'un manque de connaissances techniques.
Elles viennent souvent de notre manière d'aborder la situation.
Nous voulons parfois aller trop vite.
Nous cherchons à être rassurés.
Nous avons peur de certaines réponses ou, au contraire, nous espérons tellement quelque chose que nous avons du mal à entendre une autre possibilité.
Les cartes ne sont ni magiques ni toutes-puissantes.
Elles constituent avant tout un support de réflexion, d'introspection et de compréhension.
Elles peuvent éclairer certains aspects d'une situation, mettre en évidence des mécanismes ou aider à prendre du recul.
Mais elles ne remplacent ni le discernement, ni l'expérience, ni le libre arbitre.
Plus les années passent, plus je suis convaincue que le plus important avant un tirage n'est pas la question posée.
Le plus important est l'état d'esprit dans lequel on accepte d'entendre la réponse.
Car parfois, la plus grande difficulté n'est pas de savoir ce que disent les cartes.
La plus grande difficulté est d'être prêt à écouter ce qu'elles essaient de nous montrer.